
Entre 2016 et 2025, le nombre de mineurs enregistrés comme victimes par la police ou la gendarmerie nationales a augmenté de 77 %, soit +7 % par an en moyenne tandis que celui des mineurs mis en cause a diminué de 15 %, soit -2 % par an en moyenne.
Le résumé de la publication « Interstats Analyse » n° 81 de mai 2026 du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) décrit ainsi cette situation.
Dans un contexte marqué à la fois par d’importantes évolutions législatives relatives à la protection des mineurs, par des mouvements de libération de la parole et par des politiques d’amélioration d’accueil des victimes, la hausse du nombre de victimes mineures est six fois plus importante que celle des victimes majeures : la part des mineurs parmi les victimes enregistrées a ainsi augmenté de 3 points, pour atteindre 9 % en 2025. Les mineurs sont principalement victimes d’atteintes à la personne par violences physiques, verbales ou psychologiques, loin devant – et heureusement- les infractions à caractère sexuel (respectivement 62 % et 26 % de l’ensemble des mineurs victimes enregistrées en 2025). Seules à avoir reculé sur la période 2016-2025, les atteintes aux biens ne concernent que 8 % des mineurs victimes. Ainsi en 10 ans, le nombre de victimes mineures a été multiplié par 2,8 pour les tentatives d’homicide, par 2,6 pour les infractions à caractère sexuel et par 2,1 pour les violences physiques alors que celui des victimes mineures d’atteintes aux biens a été divisé par 2.
Sur la même période 2016-2025, le nombre de mineurs mis en cause a diminué (-15 % sur 10 ans) alors que celui des majeurs mis en cause a augmenté (+38 %) : la part des mineurs parmi les mis en cause est ainsi passée de 17 % en 2016 à 11 % en 2025. Si le nombre de mis en cause mineurs pour infraction à caractère sexuel a été multiplié par 2,3 en dix ans (soit autant que pour les majeurs) et celui pour tentative d’homicide par 2,2 (1,9 pour les majeurs), celui des mineurs mis en cause pour violences physiques est resté stable et celui des mineurs mis en cause pour atteintes aux biens a été divisé par 1,7. Les mis en cause pour infractions à la législation sur les stupéfiants ont globalement diminué entre 2016 et 2025 (-37 %), mais la baisse a touché uniquement les mis en cause pour usage (-58 % contre +55 % pour le trafic) dans un contexte marqué par la mise en place de l’amende forfaitaire délictuelle associée à l’usage. En 2025, les mineurs sont ainsi principalement mis en cause pour atteinte à la personne hors infractions à caractère sexuel (31 %), atteinte aux biens sans violence (26 %), infractions à la législation sur les stupéfiants (16 %) et, nettement moins souvent, pour infractions à caractère sexuel (9 %).
Mots-clefs : délinquance, jeunesse, justice, police
